La population étudiante de Rennes a atteint un pic de près de 80 000 inscrits cette année, alors que l’université Rennes 2 enregistre une baisse significative de ses effectifs. L’Audiar indique qu’elle a perdu 1 251 étudiants entre la période scolaire 2020-2021 et celle de 2023-2024.
Cette tendance s’explique en partie par une réduction marquée des inscriptions dans plusieurs disciplines. Les études linguistiques ont perdu 1 046 élèves entre 2016 et 2022, tandis que les lettres, sciences du langage et arts voient leur nombre chuter de 747 personnes. L’université attribue cette désaffection à la réforme scolaire qui a diminué l’importance des langues vivantes dans le cursus éducatif, combiné à une perception générale d’insertion professionnelle plus difficile pour ces formations, jugée « non justifiée » par les services d’orientation.
Les contraintes financières exacerbent la situation. Un plan de rééquilibre a entraîné l’immobilisation de 26 postes et l’annulation prévue de cours en ligne dans des formations spécialisées. Cependant, Rennes 2 se maintient fermement sur ses programmes initiaux, notamment pour les langues rares, essentielles à la recherche scientifique.
En outre, le secteur privé s’impose avec force. Au cours de dix ans, les établissements privés ont recruté 8 500 étudiants à Rennes contre seulement 5 500 pour l’enseignement public. Le développement des écoles de design et d’arts constitue une menace directe pour certaines filières universitaires, dans un contexte général de déclin des effectifs dans plusieurs disciplines.