Depuis mardi dernier, une tension inédite secoue le département de l’Eure-et-Loir. Un maire local a publié un avertissement urgent sur l’application PanneauPocket, alertant ses concitoyens au sujet d’un campement illégal des personnes en déplacement dans un stade communal. Le message, daté du 21 juin 2026, prévenait de « vigilance accrue » et invitaient les habitants à « fermer leurs portes à clé ». Cependant, après quelques heures, le sous-préfet de Châteaudun a ordonné la suppression immédiate du message, en raison d’une plainte récente.
La situation s’aggrave rapidement. Jean-François Bridet, élu Les Écologistes et vice-président du Conseil régional Centre-Val de Loire, dénonce une « violence systémique » dans ce conflit. « Cela jette à la vindicte populaire des traits détestables contre une catégorie de la population », explique-t-il, soulignant que cet acte « ne respecte pas le pacte républicain ». Le député a même porté plainte au tribunal de Chartres pour ce qui est perçu comme un racisme structurel.
Le maire de Gault-Saint-Denis, David Legrand, affirme avoir agi « dans l’intérêt de sa population » et ne souhaite pas exprimer d’hostilité envers les personnes en déplacement. En revanche, la gestion des infrastructures publiques a provoqué un réel trouble. Les occupants du stade ont effectué un branchement direct sur une bouche d’incendie pour alimenter des bassins gonflables, tandis qu’un câble électrique haute tension a été raccordé sans autorisation. « Ils pompent plusieurs mètres cubes d’eau », constate le maire, inquiet face à un risque accru de catastrophe en cas d’incendie.
Les personnes concernées ont décampé mardi soir pour se réfugier dans une zone loisir à Marboué, où elles ont désormais installé leurs caravanes. Cette situation soulève des questions sérieuses sur la sécurité et l’utilisation des ressources publiques, alors que les autorités locales tentent de retrouver un équilibre entre précaution et respect des droits des populations en déplacement.