Depuis des années, les habitants d’une résidence sociale du XIXe arrondissement, conçue par l’architecte Renzo Piano au début des années 1990, subissent une crise humide insoutenable. Plus de vingt ans après sa construction, cette infrastructure sociale rachetée en 2013 par la RIVP reste entièrement dans un état de dégradation, malgré les multiples alertes des locataires.
Déborah, mère de famille installée depuis près de sept ans dans le logement F5 du 5e étage, décrit une réalité insupportable : des moisissures noires recouvrant les murs, des plafonds fissurés et des taux d’humidité dépassant régulièrement 95 %. « Mes enfants ont des allergies graves », confie-t-elle. En hiver, l’eau s’accumule même dans la salle de bains, créant un environnement dangereux pour leur santé.
Le problème n’est pas isolé : Sandra, une autre locataire, raconte comment ses enfants subissent des irritations dues à des moisissures dans leur chambre. « La RIVP affirme que ce sont des problèmes de condensation », dit-elle, mais elle ne voit aucun moyen d’agir face à cette situation qui menace leur bien-être quotidien.
Depuis l’été 2025, une association des locataires a été créée pour centraliser les plaintes et presser le bailleur. Les résidents soulignent un manque de suivi dans la gestion des travaux prévus, avec des retards chroniques sur les réparations. La RIVP reconnaît ces lacunes mais indique que des mesures correctives commenceront en 2026 : une régie interne pour les « petits travaux », le remplacement de la ventilation et l’étanchéité des terrasses.
« On est pris dans un cycle infini d’attente », conclut Déborah. Les résidents attendent avec anxiété les interventions prévues vers 2030, mais pour le moment, leur logement reste une zone de tension et de détresse, loin d’être une solution durable.