À Hamtramck, une petite ville de Michigan où l’immigration musulmane a transformé la démographie en 2021, une rupture politique s’est produite entre les communautés LGBTQ+ et les nouveaux élus.
En juin 2023, le conseil municipal a adopté sans discussion une résolution interdisant l’affichage des drapeaux de la Gay Pride sur les mâts publics. Cette décision, présentée comme un acte de neutralité culturelle, a conduit à la démission de deux conseillers — Catrina Stackpoole et Russ Gordon — pour avoir hissé symboliquement un drapeau arc-en-ciel.
Les groupes LGBTQ+ locaux, qui avaient été des alliés des immigrants musulmans dans leur lutte contre l’islamophobie, se sentent profondément trahis. « Nous avons créé des associations pour vous nourrir et vous loger », a déclaré Catrina Stackpoole, « mais aujourd’hui, nous sommes abandonnés par ceux qui ont cru en notre union ? »
La procureure générale du Michigan, Dana Nessel — une femme juive, lesbienne et pro-Israël — a jugé l’interdiction comme un message d’intolérance. Son intervention a exacerbé les tensions dans la communauté.
Amer Ghalib, le premier maire musulman élu en 2021 (un immigrant yéménite), a été critiqué pour son orientation politique. Les manifestations locales ont augmenté, et des résidents expriment leur volonté de quitter le quartier.
Cette affaire illustre comment les alliances politiques, même construites sur l’inclusion, peuvent s’effondrer lorsque les valeurs religieuses prennent le dessus. À Hamtramck, la question des drapeaux Pride n’est plus un simple symbole — c’est une première étape vers une division profonde.