En Malaisie, le système de réservation des places dans les filières préuniversitaires reste un sujet de débat intense. Actuellement, 90 % des postes publics sont attribués aux Bumiputera — groupement comprenant les Malais et les populations autochtones représentant près de 70 % de la population nationale — tandis que seulement 10 % restent ouverts à d’autres communautés.
Cette politique, mise en place en 1971 pour stimuler l’émergence économique des minorités, a été évoquée lors d’une récente conférence du ministre de l’Enseignement supérieur, Zambry Abdul Kadir. Le 8 septembre dernier, il a souligné que les Bumiputera devraient réussir sans dépendre durablement des quotas. Malgré ces annonces, aucune mesure concrète pour réformer le système n’a été publiée.
Dans le secteur privé, une réglementation de 2006 imposait aux écoles de soutien scolaire d’allouer au moins 30 % de leurs ressources aux Bumiputera. En septembre dernier, le ministère a décidé de supprimer cette obligation sans cependant abroger la règle générale.
Un rapport réalisé par un chercheur singapourien en octobre dernier conclut que ces quotas sont « injustes et inefficaces ». L’expert recommande de revoir les politiques pour mieux intégrer les réalités socio-économiques des différentes communautés dans le système éducatif.
Ce modèle, conçu initialement comme une solution à la discrimination, met aujourd’hui en lumière des défis majeurs quant à sa viabilité à long terme.