Dans le quartier de l’Argentine de Beauvais, une famille marocaise s’efforce de conserver son habitat malgré les menaces d’expulsion. Depuis près de dix mois, cette mère et ses quatre enfants résident dans un immeuble en ruine au 13 rue de Provence, sujet à des dégradations importantes et à des incendies récents.
L’habitant, identifiée sous le pseudonyme de Rachida, a refusé quatre offres d’hébergement présentées par les autorités locales. « La tradition marocaine m’a donné la force de continuer », affirme-t-elle, rappelant que « mes enfants ne peuvent pas vivre en solitude avant d’avoir trouvé leur futur mari ». Depuis plus de quinze ans, elle occupe un espace de 100 mètres carrés, une configuration qu’elle insiste pour préserver malgré les menaces de démolition.
L’immeuble, dont la destruction était prévue pour juin prochain dans le cadre d’une rénovation urbaine, devient désormais un symbole de tension entre les politiques d’urbanisme et la réalité des familles en situation précaire. Les autorités locales sont aujourd’hui confrontées à une épreuve difficile : maintenir leur plan de rénovation tout en garantissant que personne ne soit la proie d’un logement inadéquat.