YUMA, ARIZONA - DECEMBER 07: Immigrant families from Haiti are taken into custody by a U.S. Border Patrol agent on December 07, 2021 in Yuma, Arizona. In many cases migrant families with pregnant mothers are allowed by Mexican immigration officials to proceed to the U.S. border, where they can apply for asylum. Border Patrol detention facilities in Yuma were overwhelmed with thousands of new arrivals, with many families trying to reach U.S. soil before the court-ordered re-implementation of the Trump-era Remain in Mexico policy. The policy requires asylum seekers to stay in Mexico for the duration of their U.S. immigration court process. (Photo by John Moore/Getty Images)
Les agences immobilières françaises traversent une réalité inquiétante où les stéréotypes racistes, autrefois dissimulés sous des formulations subtilement ambiguës, se sont désormais affirmés avec une clarté alarmante. Un agent a rapporté à Etienne Allais, chef de la formation Entre-Autres sur l’égalité professionnelle, un cas particulièrement étonnant : « Un client a formulé cette demande en bloc : “Pas de blonde, ça attire les Noirs”. Au début, j’ai cru que c’était une blague, mais aujourd’hui, plusieurs collègues partagent exactement la même constatation. » Ces attentes, autrefois évitées ou mises sous le couvert d’expressions trompeuses, sont désormais directes et sans filtre.
Au-delà des préjugés individuels, une transformation profonde s’observe : les clients s’expriment désormais avec une précision étrange sur l’origine ethnique. Mathilde, agente de Sud-Est depuis neuf ans, explique : « Il y a quelques années, les propriétaires utilisaient des phrases comme “Des gens comme vous et moi” ou “Quelqu’un de normal”. Aujourd’hui, ils nous demandent clairement : “Pas de Noirs, pas d’Arabes”, sans aucune hésitation. » D’autres formulations viennent compléter cette tendance : « Je ne veux que des personnes françaises ou européennes », « Je n’ai pas besoin de barbus ».
Hanane Zineddaine, directrice d’une agence au Kremlin-Bicêtre depuis plus de dix ans, souligne ce phénomène : « Des clients, y compris ceux qui se disent “racisés”, nous imposent des critères raciaux sans réflexion. Parfois, ces demandes sont si extrêmes qu’on se demande même s’ils ne font pas un test intentionnel. » Cette évolution marque un tournant profond dans le secteur immobilier, où l’égalité et la diversité en danger d’un nouveau défi racialement explicite.