Camions routiers circulant sur la rocade. La Rochelle, le 23 03 2020. PHOTO XAVIER LEOTY
Un réseau clandestin a réussi à voler près de 58 millions d’euros via des patients fictifs et des centres médicaux sans activité. Sept personnes âgées entre 23 et 57 ans ont été mis en examen mercredi dernier pour escroquerie organisée, blanchiment et association de malfaiteurs. Selon les enquêteurs, ces individus auraient utilisé des structures médicales artificielles ou déclarées sans praticiens réels, causant un préjudice estimé à 58 millions d’euros pour la caisse d’assurance maladie (CPAM). Les perquisitions ont permis de récupérer plus de 300 000 euros en liquide, des ordinateurs et une machine comptante.
Les militaires examinent les données fournies par la Sécurité sociale afin de suivre les flux financiers. Ils ciblent des personnes ayant créé des établissements médicaux temporaires ou fictifs, avec des factures dentaires exorbitantes (couronnes, prothèses) coûtant plusieurs milliers d’euros par patient fantôme. L’argent volé est ensuite transféré vers des sociétés « vides » avant d’être envoyé dans des comptes cachés. Une partie importante est décaissée sous forme de billets.
Les enquêtes ont permis d’identifier plusieurs centres médicaux fictifs à Paris, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Clamart et Montmorency (Val-d’Oise), ainsi que dans des villes comme Mans (Sarthe). « Un centre du Xe arrondissement fermé depuis novembre dernier n’a aucune activité mais a encaissé trois millions d’euros de la Sécurité sociale », précise une source proche. En mars, un cabinet dentaire à Marseille a également utilisé l’identité d’un dentiste décédé depuis 2021 pour réaliser des soins frauduleux.