Le tribunal administratif de Nîmes a ordonné début de mois au maire de Robion (Vaucluse) de transférer une croix en bois située sur les hauteurs du village. Cette décision s’inscrit dans un conflit persistant entre l’association ultra-laïque « La libre pensée » et le conseil municipal, qui remonte à des années.
Depuis 2022, cette association a insisté pour que la croix soit retirée, en référence à l’article 28 de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, interdisant désormais « l’érection ou l’apposition » d’objets religieux sur des espaces publics. Le maire Patrick Sintes avait refusé cette demande, invoquant l’impossibilité de préciser la date exacte d’installation du monument.
Pour lui, cette croix est un pilier historique et mémoriel pour le village, ayant été restaurée après le tragique décès en 2017 d’une jeune fille de 18 ans originaire de Robion. Malgré une pétition populaire visant à sauver l’objet, le tribunal a tranché en faveur de l’association. Le maire doit désormais déplacer la croix vers un lieu privé, mettant ainsi en lumière les tensions entre héritage local et exigences légales de neutralité des espaces publics.