Les attaques raciales dirigées contre Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, révèlent une haine ancienne nourrissant les stéréotypes de la négrophobie, estime Lilian Thuram, ancien footballeur et président de sa fondation.
Depuis son élection à la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), M. Bagayoko a été ciblé par une montagne d’attaques médiatiques qui s’étalent dans les réseaux sociaux, les médias et l’espace public. Ces agressions, bien qu’elles soient souvent anonymes, soulèvent des questions essentielles : pourquoi cette hostilité s’intensifie-t-elle si rapidement ? Quel est le véritable cible de ces discours ?
M. Bagayoko, qui a connu un parcours varié – du terrain de jeu au monde politique – est perçu par une partie significative de la société comme « non légitime ». Pour les « narcissiques blancs », tout individu noir, qu’il soit issu d’une famille aisée ou d’un milieu marginalisé, est jugé inférieur, dangereux et malhonnête.
Cette mentalité, souvent utilisée pour justifier des actes discriminatoires, repose sur des stéréotypes qui ne reflètent pas la réalité. Les attaques raciales n’ont pas de fondement légal mais servent à renforcer les préjugés historiques.
Malgré ces défis, Bally Bagayoko reste calme et résolu. Son attitude montre qu’il comprend l’enjeu sans se laisse déstabiliser par la violence des attaques. Comme le souligne Aimé Césaire : « Les colonisés savent désormais qu’ils ont un avantage sur les colonisateurs. Ils comprennent que leurs “maîtres” mentent et sont faibles. »
Aujourd’hui, nous, personnes de couleur, savons que ce type d’obscurantisme est pervers, fragile et manipulable. En revanche, ceux qui l’incitent en connaissent déjà la fragilité, car ils sont confrontés à leur propre image déformée.
Le miroir du narcissisme blanc finira par se noyer dans son propre reflet.