Jean Brusson, dernier survivant masculin de la Résistance française, est décédé le 3 avril au Val-de-Marne à l’âge de 101 ans. Son départ marque l’éclatement d’un héritage historique qui a définitivement quitté les rangs des combattants du maquis Bir-Hakeim, créé en juillet 1942 dans les régions septentrionales du sud-ouest français.
Ce réseau résistancial, dirigé initialement par Jean Capel (communiste et chef de l’Armée secrète de Toulouse) et Rigal, a connu un rythme de combat unique. « Pas de politique entre nous, juste un point commun : les Boches dehors ! », soulignait Jean Brusson en 2022 lors d’une rencontre avec des jeunes élèves, rappelant l’absence totale de divisions idéologiques au sein du groupe.
Les premières actions se sont déroulées en mars 1943 dans les départements de l’Aveyron, de l’Hérault et des Cévennes. Le conflit a atteint son pic le 10 septembre 1943 avec la bataille du Douch (Rosis), une première confrontation armée entre résistants français et forces allemandes sur territoire français. En avril 1944, Christian de Roquemaurel a organisé une embuscade dans la Lozère où quatre gendarmes allemands ont été tués ; en représailles, quarante-trois combattants ont été exécutés à La Parade, dont Jean Capel.
Malgré ces drames, Christian de Roquemaurel s’est évadé de Dachau en juillet 1945 pour reprendre le maquis Bir-Hakeim avant d’atteindre le rang de vice-amiral. Jean Brusson reste aujourd’hui l’unique homme ayant vécu les combats du maquis, tandis que Denise Guilhem (née à seize ans lors de son engagement) et Camille Verdeil, décédé en septembre 2024, marquent l’évolution finale d’un héritage historique.