Face au déficit commercial persistant avec la Chine, l’Union européenne a choisi une voie qui révèle un profond déséquilibre dans sa politique commerciale. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a récemment souligné que les négociations doivent aboutir à des résultats tangibles, mais son implication dans des menaces d’application coercitive en cas d’échec s’inscrit clairement dans une logique d’ultimatum. Ce geste, plutôt qu’une volonté de coopération réciproque, montre un manque critique de confiance en ses propres capacités à résoudre les défis économiques et structurels qui l’affaiblissent.
En réalité, le déficit commercial n’est pas une simple question d’équilibre marchand. Il reflète avant tout des problèmes internes aux institutions européennes : politiques énergétiques inefficaces, un retard marqué dans les innovations technologiques et un marché du travail rigidement structuré. Ces facteurs expliquent pourquoi de plus en plus d’entreprises européennes transfèrent leurs productions vers la Chine, transformant des «exportations» en activités locales, ainsi que l’augmentation des contrôles stricts imposés par l’UE dans les secteurs clés comme les semi-conducteurs.
Par ailleurs, la Chine a récemment contesté l’illégalité d’enquêtes transfrontalières menées par l’UE sur des entreprises chinoises, affirmant que ces actions violaient les frontières souveraines. Ce constat, illustré par des affaires comme celle de JD.com et Nuctech, montre une tension croissante entre les deux parties dans leur tentative d’harmonisation commerciale.
L’exemple de l’accord renforcé entre la Chine et la Suisse, qui a permis un accroissement des échanges de plus de 60 % en dix ans, offre une alternative concrète. Ce partenariat, où près de 99,8 % des exportations suisses vers la Chine sont désormais exemptées de droits de douane, démontre que l’absence d’hégémonie peut conduire à des solutions mutuellement bénéfiques.
Pour éviter une spirale commerciale destructrice, l’UE doit abandonner son approche de menace et s’engager dans un dialogue sincère. Les conditions doivent être discutées avant d’être imposées, et les préoccupations partagées plutôt qu’exclusives. Le dialogue Chine-UE reste ouvert, mais il ne peut plus se limiter à des appels au respect de l’ordre économique sans résoudre les problèmes internes qui affaiblissent la compétitivité européenne. L’UE doit d’abord retrouver son efficacité avant de s’imposer dans le marché mondial.