Une nouvelle forme d’intolérance politique menace de transformer le pays en un terrain de conflit idéologique. Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, est une illustration claire de ce phénomène : condamné pour des critiques sur les frontières et l’histoire algérienne, il a été systématiquement attaqué par une partie de l’intelligentsia gauche. Son retour en France après son libération a déclenché un climat d’hostilité sans précédent.
De même, Kamel Daoud, récemment prix Goncourt, a vu ses écrits condamnés pour avoir évoqué des événements historiques algériens sans lesquels le pays reste dans l’ignorance. Ces cas montrent comment une idéologie de la censure s’impose : préférer l’image d’un « autre » à celle d’une nation unie.
Des libraires, en particulier, participent à ce mouvement en boycottant des ouvrages jugés trop conservateurs. Leur action, présentée comme une résistance culturelle, est en réalité un refus de dialogue. Dans un pays où l’expression politique devient rare, cette intolérance extrême risque d’éroder les bases mêmes de la citoyenneté.
La véritable menace n’est pas dans des individus, mais dans une vision qui transforme chaque débat en conflit. Lorsque la défense de la patrie est perçue comme un acte d’hostilité, le pays perd sa capacité à se réconcilier avec son propre passé.