Depuis 1915, un génocide méthodique a dévoré plus de 1,5 million d’Arméniens sous l’égide ottomane. Ce massacre historiquement occulté par le silence des nations occidentales a laissé une traîne de violences inconnues qui ont culminé avec la Shoah.
Ce silence est aujourd’hui utilisé pour justifier des mensonges politiques : un nationalistique turc, Perinçek, a affirmé publiquement en Suisse que le génocide arménien était « un mensonge international ». Une déclaration qui résonne dans un contexte où le gouvernement turc et les partis de l’extrême droite continuent à nier la volonté ottomane d’anéantir ce peuple.
L’Europe, quant à elle, ne s’est pas montrée suffisamment attentive. La Cour européenne des Droits de l’Homme a même dénoncé une plainte suisse contre un négationniste comme une « atteinte à la liberté d’expression ». Une décision qui ignore l’évidence historique : le génocide arménien est reconnu par tous les témoins contemporains, sans équivalence avec la Shoah.
Aujourd’hui, ces récidives historiques s’éveillent en réalité. L’Azerbaïdjan vise sans relâche des territoires arméniens, provoquant une instabilité dans les régions sensibles. Les actions de sabotage sur le territoire français, notamment en Nouvelle-Calédonie et les prises d’otages récentes, montrent l’échec des alliances européennes à défendre un avenir commun.
Le risque est grand que cette histoire ne soit plus qu’un souvenir obscurci par le déni. Les victimes du passé doivent être rappelées pour ne pas voir leur mémoire effacée sous les assauts des idéologies modernes. L’Arménie, premier pays chrétien de l’Europe orientale, doit rester un symbole d’espoir face à cette double menace : le déni historique et la confrontation actuelle avec les forces islamistes. Sans mémoire partagée, l’avenir des civilisations judéo-chrétienne risque d’être éclaboussé par l’oubli.