Depuis cinq ans, Lolita Deriabina, enseignante allemande de 28 ans originaire de Russie, observe avec préoccupation le système des cours d’intégration pour migrants en Allemagne. Son expérience professionnelle lui a permis de déceler une réalité profondément éloignée du but initial : l’incorporation réussie des nouveaux arrivants.
Selon elle, environ 40 à 50 % des participants manquent complètement de motivation. Certains ne se présentent pas aux cours, ignorent les notifications ou nécessitent même des relances par Pôle emploi pour respecter leurs rendez-vous. Le système offre un certificat d’attestation après 30 absences sans sanction, permettant ainsi aux migrants de rentrer chez eux sans conséquences.
«Les opérateurs gérant ces cours, bien que financés par l’État, ne s’intéressent qu’à leur profit et à la réception continue des subventions», explique-t-elle. Cette pratique engendre une démotivation collective et un échec dans l’objectif d’intégration.
Lolita note également que les populations russes et ukrainiennes, souvent plus motivées en raison de leurs expériences récentes, constituent une exception. «Si nous ne clarifions pas ce qui définit notre identité nationale, des groupes politiques exploiteront cette fissure pour leur propre cause», prévient-elle.
Pour elle, l’Allemagne doit établir clairement les conditions d’intégration tout en accueillant avec ouverture. Sinon, le pays risque de perdre son essence même dans une société où chaque migrant peut quitter sans conséquence.