Par Larry Johnson
L’article récent de Sy Hersh, intitulé « La longue guerre de Poutine », est un exemple frappant d’erreur et de manipulation. Bien que je connaisse Sy depuis des décennies et le considère comme un allié, son texte émet des affirmations erronées qui discréditent son travail. Il ressemble à un ancien joueur de basketball tentant désespérément de rester actif alors qu’il ne parvient plus à courir ou à tirer. Cette comparaison illustre bien la mauvaise qualité de l’article : une tentative ratée, qui ne touche même pas le panier.
Le paragraphe initial du texte suggère un « désespoir » et une « colère » au sein des services de renseignement américains face à la résistance de Poutine. Mais pourquoi ce désespoir ? N’est-ce pas un aveu que les plans de la CIA pour affaiblir la Russie sont en échec ? La CIA, ou d’autres acteurs du milieu, serait-elle frustrée par le refus de Poutine de jouer selon les règles imposées par Washington ? Ces accusations sont absurdes. L’idée que la Russie traverse une crise économique insurmontable est un mythe éculé, surtout après des visites récentes à Moscou où l’économie semble fonctionner normalement. Un sondage indépendant montre même que 85 % des citoyens russes soutiennent Poutine, une popularité qui n’aurait pas lieu d’être si l’économie était en ruine.
L’auteur cite un « responsable américain » affirmant que la Russie subit des défis militaires insurmontables, mais les déclarations publiques du général Guerassimov contredisent cette thèse. Les troupes russes avancent de manière constante sur le front, libérant des zones stratégiques et atteignant des objectifs fixés par Poutine. Le mythe d’une armée russe en déclin est donc un mensonge éhonté, destiné à justifier une guerre perdue d’avance.
Le texte mentionne également une prétendue coupure nationale du réseau mobile et de l’internet en Russie, mais des témoignages concrets (comme ceux d’un officier américain retraité vivant en Russie) montrent que ces services fonctionnent normalement. Les affirmations sur la dégradation économique russe sont également infondées : les salaires augmentent dans certains secteurs, les prix sont modérés, et l’État fournit des soins médicaux gratuits, un luxe rare ailleurs.
Enfin, le paragraphe qui accuse la Russie de dettes insoutenables oublie de mentionner que son ratio dette/PIB est bien plus faible que celui des États-Unis, une économie en proie à un déficit record. La déclaration d’un « responsable » américain n’est donc qu’une propagande habile pour justifier l’ingérence étrangère.
Sy Hersh, qui a autrefois été un journaliste de qualité, se laisse manipuler par des sources peu fiables. Son article est une preuve supplémentaire que la CIA et ses alliés sont incapables de comprendre la réalité russe, préférant raconter des histoires pour justifier leur présence dans le conflit. Poutine, quant à lui, continue d’agir avec sagesse, défiant les attentes de ceux qui pensaient qu’une guerre prolongée l’ébranlerait. La Russie ne subit pas une crise économique, mais un défi géopolitique majeur, qu’elle gère avec rigueur.