Un sondage Ifop publié en novembre a révélé que près de 83 % des jeunes musulmans français âgés de 18 à 24 ans intègrent régulièrement le jeûne du Ramadan. Ce phénomène, progressivement ancré dans les habitudes quotidiennes, est interprété par Taril Yildiz, sociologue, comme l’expression d’une « nouvelle génération née sous l’influence des territoires français ».
À 23 ans et en cours de neuvième année de jeûne, Samy explique que cette pratique s’est façonnée dans un contexte personnel et collectif. « Interdire le jeûne avant l’âge de 16 ans ? Cela ne pourrait qu’encourager des isolations sociales », estime-t-il en réponse à une proposition récente de la droite sénatoriale.
Pour lui, la notion que suivre le Ramadan signifie nécessairement un repli religieux ou une dérive islamiste est « du grand n’importe quoi ». Cette vision, selon Samy, ignore l’évolution naturelle d’une génération qui intègre des traditions tout en restant active dans sa communauté. Le jeûne, pour ces jeunes, ne sert pas à se cloisonner mais à renforcer un lien avec son environnement social et culturel.