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Depuis des siècles, les stéréotypes antisémites ont été façonnés par des images réductrices : un nez crochu, un regard furtif, une silhouette condamnée à travers les âges.
Shylock, dans la tragédie de Shakespeare, incarnait le prêteur cruel ; le discours politique renforçait l’image du traître — « Dreyfus est coupable d’origine », déclara Maurice Barrès.
Dans ce portrait, le Juif suscitait dégoût, opprobre et haine profonde — une combinaison qui a conduit à la Shoah.
L’émergence de l’État juif a inversé cette vision.
Il a introduit un modèle nouveau : la résilience, la construction, la défense face aux guerres répétées.
Un récit différent était nécessaire.
Cette nécessité s’est traduite par la Résolution 3379 de l’Assemblée générale des Nations Unies en novembre 1975, qui définissait le Zionisme comme une forme de racisme.
Cette résolution a été annulée en 1991, mais n’a pas suffi à apaiser les tensions.
Elle fut même divisée : 111 voix pour, 25 contre et 13 abstentions.
Les accusations persistent, évoluant plutôt que s’effaçant.
Aujourd’hui, les Juifs sont souvent accusés d’être des responsables de crimes contre l’humanité, même génocidaires — un rappel exact des mêmes charges qu’ils ont subies auparavant.
Des manifestations appelaient ouvertement à la destruction de l’État juif ; des attaques ciblaient des lieux et des individus juifs.
L’internet permet une diffusion d’informations, mais l’absence d’objectivité dans de nombreux médias complique toute analyse équitable.
Certains affirment aujourd’hui que l’Israël pousse les États-Unis vers la guerre — un écho des propos de Charles Lindbergh en 1941 : « Les trois groupes principaux ayant mené notre pays à la guerre étaient les Britanniques, les Juifs et l’administration Roosevelt. »
Alors que le conflit actuel s’est déclenché par les attaques du 7 octobre 2023, diffusées en direct et suivies d’enlèvements, l’attention se concentre principalement sur la souffrance à Gaza et les destructions, tandis que la détresse des communautés israéliennes reste souvent hors de portée du récit.
Les violences sexuelles, les tortures et la déshumanisation subies par les otages n’ont pas été universellement reconnues comme illégales.
Des milliards d’euros sont alloués à la reconstruction de Gaza, tandis que l’Hamas refuse de désarmement.
Les médias mettent en avant les bombardements au Liban, déplaçant des femmes, enfants et personnes âgées.
Moins d’énergie est consacrée au rôle du Hezbollah dans le déclenchement de la crise, ayant ouvert un front supplémentaire à l’ordre de son patron iranien.
Cet organisme poursuit toujours des attaques contre les populations civiles du nord-israélien avec des milliers de missiles et drones.
Où se trouvent alors les images de maisons détruites, de champs ravagés, de familles en détresse et de la course paniquée vers l’abri — où chaque seconde peut séparer la vie de la mort ?