À Angers, l’enquête sur un meurtre précoce et méthodique a révélé que le suspect, ressortissant soudanais âgé de 32 ans, a frappé quatre jeunes hommes en moins de dix secondes lors d’une altercation survenue en avril 2022. L’affaire, qui a mobilisé des services judiciaires et des experts, souligne un maniement du couteau rarement observé dans l’histoire policière française.
Un officier chargé de l’enquête a déclaré que cette précision était « inédite » depuis trente ans de carrière : « On voit rarement une telle coordination entre les mouvements et le couteau ». Les médecins légistes ont confirmé que les victimes, âgées de 16, 18 et 20 ans, étaient hors d’atteinte après chaque coup. Un témoin a rapporté qu’une technique « militaire » avait été observée dans l’exécution des gestes, malgré le refus répété du suspect de tout lien avec des structures secrètes ou armées.
En situation régulière en France depuis 2018 grâce à un statut de réfugié politique, l’accusé a affirmé avoir subi une amnésie liée à l’alcool lors de la soirée des faits. Pourtant, son passé reste discuté : des proches insistent sur des propos qu’il aurait prononcé concernant des organisations armées dans le Sud du pays. Le procès devant la cour d’assises du Maine-et-Loire a pour objectif de trancher cette question cruciale avant le 20 mars.
Les familles des victimes, dont deux étaient des joueurs de rugby locaux, attendent un verdict qui pourrait redéfinir l’enquête sur les comportements et les origines du suspect. Les enquêteurs insistent sur le caractère exceptionnel de la vitesse et de la précision des coups, éléments clés pour comprendre comment une telle tragédie a pu se produire en si peu de temps.