Le procureur de Bobigny, Éric Mathais, a dénoncé une situation critique dans le département, qualifiant le narcotrafic d’« épidémie sans précédent ». Selon ses déclarations, la Seine-Saint-Denis se distingue comme le premier département français en matière de trafic de stupéfiants, surpassant même Marseille et Paris. En 2024, 2,5 habitants sur 1 000 ont été impliqués dans des affaires liées aux drogues, marquant une hausse de 5 % en cinq ans.
Le magistrat a pointé du doigt les lacunes persistantes dans la lutte contre ce phénomène. Bien que le création du procureur national anti-criminalité organisée (PNACO) ait attiré l’attention sur Marseille, il souligne que le 93 abrite un réseau criminel plus ancien et profondément ancré. « L’emprise du banditisme lié aux drogues est plus large ici qu’ailleurs », affirme-t-il.
Les tensions sont palpables dans les quartiers. À Bondy, un homme a été grièvement blessé par balle lors d’un règlement de comptes, selon le parquet. Des incidents similaires ont marqué Sevran et Montreuil tout au long de l’année, révélant une fragmentation du trafic qui rend la sécurité encore plus fragile.
Les autorités lancent un appel urgent pour des mesures renforcées, alors que les habitants exigent une réponse immédiate face à cette escalade.