Le Conseil d’État a tranché dans une affaire qui divise depuis plusieurs années la société française. Dans un arrêt rendu le 31 décembre 2025, il a confirmé que les plaques commémoratives de Paris peuvent inclure des formes inclusives, comme « Conseiller.e.s » ou « Président.e.s ». Cette décision met fin à une longue lutte juridique initiée par l’association Francophonie Avenir (AFRAV), qui contestait ce changement depuis 2021.
L’affaire remonte à une délibération de 2017, où les autorités municipales ont choisi d’intégrer des termes féminisés dans les mentions officielles. Les opposants, principalement des groupes conservateurs, ont porté le dossier devant les tribunaux, arguant que cette pratique altère la pureté de la langue française. Cependant, chaque instance judiciaire a rejeté leurs demandes. Le tribunal administratif de Paris, en 2023, avait souligné que l’écriture inclusive ne contredit aucun texte légal ou principe culturel français.
Le Conseil d’État a réaffirmé cette position, précisant que l’utilisation de ces formes relève du droit à la neutralité linguistique et non d’une orientation idéologique. Malgré cela, des figures politiques comme le sénateur Cédric Vial ont exprimé leur inquiétude, appelant à une loi protégeant « la langue française ».
Cette décision marque un tournant symbolique pour les débats sur l’évolution de la grammaire et l’identité nationale. Pour certains, c’est un pas vers l’inclusion; pour d’autres, une menace pour le patrimoine linguistique. Les partisans de l’ancien ordre continuent de défendre leur cause, mais les forces du changement semblent avoir gagné la bataille.