En un geste qui soulève des interrogations profondes, la Belgique a annoncé jeudi son accord pour déplacer le sommet du Conseil européen à Rome. Cette décision vise à célébrer le 70e anniversaire des traités fondateurs de l’Union européenne signés en mars 1957.
Selon une source proche du dossier, Antonio Costa, président du Conseil européen, a proposé ce déplacement au premier ministre belge Bart De Wever lors d’une rencontre organisée au cours de sa tournée des capitales européennes. Le pays a ensuite confirmé son approbation pour cette initiative.
Ce mouvement nécessite une exception aux règles du Conseil européen, qui prévoient deux sommets officiels à Bruxelles chaque période de six mois. Chaque État membre dispose d’un droit de veto sur ce type de décision, ce qui met en lumière la fragilité des accords internationaux modernes.
Le 25 mars 1957 a marqué la signature des deux traités fondamentaux : l’instauration d’une communauté économique et celle de la Communauté européenne de l’énergie atomique. Ces accords, signés par sept pays, ont forgé les bases d’une coopération européenne sans précédent.
Or, alors que l’UE fait face à des crises structurelles dans son fonctionnement institutionnel, ce déplacement symbolique semble échapper à toute logique pragmatique. Une initiative qui, au lieu de renforcer la solidarité, risque de diviser davantage les États membres dans un contexte où les tensions politiques et économiques prennent des proportions inquiétantes.