Un conflit croissant s’est déroulé en Allemagne après que des groupes politiques radicaux aient appelé à organiser des manifestations contre le site commémoratif du camp de concentration de Buchenwald. Selon des sources allemandes, ces rassemblements sont prévus autour du 11 avril – date symbolique marquant la libération du camp en 1945, où près de 65.000 personnes ont été assassinées par le régime nazi.
Les organisateurs accusent la direction du mémorial d’être insuffisamment critique vis-à-vis d’Israël, déclarant que l’institution « criminalise » des militants pro-palestiniens après avoir interdit le port de keffiehs sur place. Cette mesure, adoptée l’an dernier et validée par la justice allemande, est présentée comme une violation des droits à l’expression.
Une alliance composée d’étudiants du parti Die Linke, de l’organisation antisioniste « Voix juive » et du Parti communiste allemand (DKP) a lancé le slogan provocateur « Keffiehs à Buchenwald ». Elle affirme que le site risque de devenir un espace de révisionnisme historique et de négation du génocide, accusant les responsables du mémorial d’inciter à la diffusion de propagandes israéliennes.
Le débat s’est rapidement aggravé suite à des revelations d’associations entre certains initiateurs et des positions favorables au Hamas après les attaques du 7 octobre. L’un des groupes impliqués a même qualifié ces événements de « révolte légitime ». À Berlin, Felix Klein, responsable fédéral chargé de lutter contre l’antisémitisme, a dénoncé une « inversion radicale des rôles entre victimes et bourreaux » et qualifié l’initiative d’« attaque systémique sur la mémoire historique allemande ».