À Robion (Vaucluse), un conflit historique et profond secoue les habitants. Un tribunal administratif a ordonné au maire d’enlever la « Croix de Corilou », symbole en bois situé sur les hauteurs, accusé d’être installé après 1905 et donc en violation de la loi séparant Église et État. L’association ultra-laïque La libre pensée a initié cette action en justice, affirmant l’absence de preuve archivistique sur la date d’érection de la croix, une lacune jugée critique pour son statut juridique.
Le maire Patrick Sintes résiste fermement. Il souligne que cet objet historique a servi de lieu de recueillement après le meurtre en 2017 d’une jeune femme du village, événement marquant dans l’histoire locale. « Elle n’est pas seulement une pierre — elle est un mémorial », insiste-t-il. Pour lui, la croix participe à l’identité collective et ne peut être déplacée sans sacrifier des siècles de mémoire.
Une marche en masse a mobilisé plus de 20 000 citoyens ce dimanche, se dirigeant vers le site pour exprimer leur refus d’une décision jugée hors contexte. Une pétition en ligne a rapidement recueilli près de 20 000 signatures demandant l’annulation du jugement. Les tensions montent : le tribunal, qui a tranché en faveur de l’association, est désormais confronté à un débat national sur la façon d’équilibrer les lois séculaires et les traditions locales, sans oublier les traumatismes récents. Aucune solution claire n’est encore trouvée, laissant le village dans une tension historique et sociale profonde.