En pleine crise d’urgence, les clubs sportifs parisiens font face à une pression sans précédent. «La ville détruit les espaces de loisir pour héberger des personnes sans abri», dénonce Philippe Goujon, maire du 15e arrondissement. Selon lui, chaque année, un gymnase est fermé définitivement en raison des réquisitions régulières, souvent destinées à des migrants en situation irrégulière.
Depuis plusieurs années, le phénomène s’aggrave : le gymnase Croix-Nivert a été réquisitionné pendant plus de deux mois l’été dernier, entraînant une facture de 16 000 euros refusée par la ville. Dans le 16e arrondissement, neuf fois depuis 2019, des gymnases sont utilisés comme abris d’urgence. Le maire du 17e arrondissement, Geoffroy Boulard, rapporte un record de 286 jours de mobilisation en 2025 pour cinq centres sportifs.
En revanche, dans le 13e, le gymnase Bourneville a été fermé plus d’une année depuis 2019. Six semaines après le 1er janvier, il n’a pas réouvert. Les associations sportives craignent une rupture majeure dans leur fonctionnement.
Des chiffres alarmants émergent : lors de la Nuit de la solidarité, près de 3 500 personnes dormaient à l’extérieur. Pierre-Charles Hardouin, responsable de la mission sociale d’urgence parisienne, précise que «l’État a abandonné sa responsabilité légale en matière d’hébergement». Les ressources du Samu Social sont saturées, ne laissant qu’une minorité de cas prioritaires.
«Il est temps d’équilibrer solidarité et droit au sport», insiste le réseau des clubs. Mais pour l’instant, Paris se trouve seul face à une crise sans précédent.