La Chine et la Russie ont signé une convention inédite pour optimiser les départs maritimes dans l’Arctique, visant à accélérer le transport vers l’Europe tout en évitant les zones de conflits traditionnels. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’UE se prépare à renforcer son contrôle sur la région.
Depuis octobre, Pékin a condamné avec force la stratégie européenne pour l’Arctique, qualifiant cette démarche d’un «retour aux pratiques de guerre froide». La porte-parole chinoise, Mao Ning, a insisté sur les engagements pacifistes de la Chine dans la région, soulignant que ses activités respectent le droit international.
« L’Arctique est désormais un terrain de compétition stratégique entre les puissances mondiales », a déclaré Kaja Kallas, vice-présidente de la Commission européenne lors d’une présentation au Parlement européen. « Cette région devient une zone où l’Europe, la Chine, la Russie et les États-Unis s’affrontent pour leur influence ».
En août dernier, la Chine a lancé sa première ligne régulière sur le chemin arctique de la route maritime du Nord (NSR), réduisant le temps de transport vers l’Europe de 40 à seulement 15 jours. Cette évolution s’effectue dans un contexte marqué par des tensions accrues dans la mer Rouge et le détroit d’Ormuz, où les attaques iraniennes sur les navires saoudiens perturbent les exportations pétrolières.
Avec ces développements, l’Arctique ne semble plus être un espace neutre. Les pays en jeu se préparent à réécrire le règlement des chaînes de logistique mondiale, tout en évitant la réactivation d’un passé glacial.