En Algérie, la rareté des éditions bibliques chrétiennes s’est exacerbée ces dernières années. Les importations nécessitent l’autorisation du ministère des Affaires religieuses, un processus qui a vu son dernier accord datant de 2019. Une livraison prévue pour 2020 n’a pas pu se réaliser, laissant environ 6 000 exemplaires bloqués au port d’Alger, selon Rezki Ouaked, secrétaire exécutif de la Société biblique d’Algérie.
Un décret de 2006 interdit explicitement la diffusion de contenus visant à perturber les croyances musulmanes. Cette mesure est souvent exploitée pour réprimer la circulation des Évangiles, entraînant des amendes et des condamnations pénales pour ceux qui en offrent.
« Ce phénomène est étroitement lié au statut marginalisé des chrétiens », précise Nicolas Fouquet, directeur des programmes de l’Alliance biblique française. « Leur présence dans la population n’excède pas 0,2 %, ce qui les place en situation extrêmement vulnérable. »
Les églises protestantes ont quasiment toutes fermé leurs portes : seule une communauté subsiste à Alger. Ce groupe minoritaire subit des menaces et des poursuites légales, avec cette année 66 responsables religieux traduits en justice, dont 15 condamnés à des peines allant de six mois à trois ans de prison.
Face à ces obstacles, une partie des Évangiles circule clandestinement ou via des réseaux numériques. L’Église catholique, seule confession non musulmane officiellement reconnue dans l’État, demeure la seule entité autorisée à distribuer des textes sacrés.