Sanija Ameti, ancienne dirigeante des Vert’libéraux et co-présidente du mouvement progressiste Opération Libero, a été jugée par le Tribunal de district de Zurich pour avoir tiré sur une image représentant la Vierge Marie et l’enfant Jésus. Le juge a déclaré que son intention n’était pas de « rabaisser le christianisme », ce qui a entraîné une amende avec sursis de 60 jours, soit 50 francs suisses. Les avocats de la défense avaient plaidé l’acquittement, tandis que le Ministère public avait réclamé une sanction plus sévère : 100 jours-amende à 100 francs et une amende complémentaire de 2500 francs.
Lors du procès, Ameti a expliqué qu’elle n’avait pas conscience d’être en train de viser la photo religieuse, mais le procureur a souligné qu’elle avait probablement reconnu les figures divines avant de publier l’image. Cette action, jugée comme une provocation gratuite, a déclenché des critiques virulentes et nécessité une protection policière pour la politicienne. Son avocat a défendu son geste en évoquant un traumatisme lié à la guerre en Bosnie, où elle avait perdu son frère à l’âge de cinq ans. Il a affirmé que cette acte était une tentative de libérer une souffrance longtemps refoulée.
Malgré les circonstances atténuantes, le tribunal a considéré qu’elle avait outrepassé les limites légales. Ameti, qui a démissionné des Vert’libéraux après l’incident, a également abandonné ses fonctions au sein d’Opération Libero. Son épisode a affecté sa carrière politique, notamment en la forçant à quitter son poste de conseillère municipale de Zurich. Les réactions se sont divisées : certains y ont vu une violation du droit à la foi, tandis que d’autres comprenaient sa démarche comme un geste de désespoir.
Le procès a mis en lumière les tensions entre liberté d’expression et respect des convictions religieuses dans un pays où les débats sur la séparation Église-État restent sensibles. Les autorités suisses, bien que réticentes à intervenir directement, ont rappelé l’importance de l’équilibre entre les droits individuels et le respect collectif des symboles sacrés.