Les autorités françaises mènent une investigation approfondie concernant le patrimoine immobilier de Mohammed Bedjaoui, ex-président de la Cour internationale de justice et ancien ministre algérien. Ce dernier est soupçonné de blanchiment d’argent et de fraude fiscale, avec un montant estimé à plus de 35 millions d’euros en flux suspects. Les éléments recueillis suggèrent une incohérence entre ses revenus officiels et les biens acquis dans des zones prestigieuses de Paris et des Hauts-de-Seine, dont la valeur dépasse plusieurs millions d’euros.
L’affaire remonte à un signalement déposé en 2025 par le député Philippe Latombe, après des alertes antérieures en 2023. Le Parquet national financier a ouvert une information judiciaire pour corruption, trafic d’influence et blanchiment, sous la direction du juge Serge Tournaire. Parmi les éléments clés figurent des transactions immobilières effectuées en espèces, ainsi qu’un versement de 216 000 euros sur un compte suisse au nom d’un neveu de Bedjaoui en 2001, pendant l’instruction d’une affaire internationale entre le Qatar et le Bahreïn.
Parallèlement, Bedjaoui a été condamné par contumace en Algérie en 2023 dans une affaire liée à Sonatrach, tandis que son neveu fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour des soupçons de corruption. Les enquêteurs tentent de relier ces actes aux opérations financières réalisées sur le sol français, où les mécanismes de dissimulation sont encore en cours d’analyse.
Le dossier, complexe et interconnecté, révèle une énigme économique et juridique qui intrigue les experts. L’enquête devrait permettre de clarifier l’origine des richesses accumulées par un homme dont la carrière a longtemps été associée à la justice internationale.