L’imam Smaïn Bendjilali, figure emblématique d’un quartier populaire de la ville, a été jugé vendredi dernier dans le cadre d’une affaire qui divise l’opinion publique. Accusé de « provocation à l’insurrection » après avoir partagé une vidéo sur un réseau social, il a vu sa peine allégée lors du procès en appel. La justice a décidé qu’il ne serait pas incarcéré mais condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de 2000 euros. Lors de l’audience, les juges ont rejeté la demande de radiation du Fichier des auteurs d’infractions terroristes, un dossier qui avait suscité des débats houleux.
L’incident remonte à juillet 2024, lorsque Smaïn Bendjilali a publié une vidéo accompagnée d’un message qualifiant l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 de « légitime défense ». Cette déclaration a été interprétée comme un soutien à des actes violents, suscitant la colère des autorités. La mosquée des Bleuets, où il prêche, a également fait l’objet d’un conflit avec les institutions locales, qui jugeaient ses discours « extrémistes ». Malgré plusieurs menaces de fermeture temporaire, le tribunal administratif a suspendu cette décision.
L’avocat de l’accusé a souligné que son client n’était pas responsable des interprétations qu’avaient pu faire les internautes. « Il ne pouvait pas ignorer l’impact de ses propos », ont affirmé les magistrats, sans pour autant sanctionner une interdiction totale de prêcher. L’imam, en formation pour obtenir un diplôme sur la laïcité, a annoncé qu’il reprendrait ses activités ce même jour. Des figures politiques et religieuses ont soutenu son cas lors des audiences, soulignant l’équilibre délicat entre liberté d’expression et responsabilité sociale.
Le dossier reste un exemple de la complexité du débat sur les limites du discours public en France, où les tensions entre croyance et sécurité nationale persistent.