Après quatre jours de délibérations intensives, Jean-Louis Leroux, agriculteur de 53 ans résidant à Ambrières (51), a été reconnu coupable d’un acte violent entraînant des mutilations et condamné à cinq années de prison dont quatre avec sursis. La peine, conforme aux recommandations de l’avocate générale, découle d’une suite de vols répétés sur ses tracteurs depuis plus de six ans, sans jamais être sanctionnés.
Le 1er février 2020, alors que trois individus tentaient de siphonner du gazole dans son exploitation, Jean-Louis a tiré directement sur Diego H., un jeune homme âgé de 19 ans qui avait accompagné deux autres voleurs. Cette action a entraîné une blessure grave pour Diego H., menant à plusieurs opérations chirurgicales et une période d’un mois en coma.
L’expertise psychologique a révélé « une souffrance psychique indicible », directement liée aux années de vols impunis et aux dépôts de plaintes systématiquement ignorés par les autorités. Jean-Louis, lors d’une audition post-tribunal, a confié : « Je suis responsable d’avoir blessé quelqu’un, mais pas de la situation qui m’a poussé à agir ».
Trois individus ont été condamnés pour leur rôle dans l’incident : Diego H. reçoit deux mois de prison avec sursis, Edouard K. quatre mois et Denis M., en état de récidive légale, dix mois assortis d’un sursis probatoire. La Fédération nationale des syndicats agricoles a organisé une manifestation de près de cinq cents personnes à Reims le 13 février 2020, sous les slogans « Ras le bol des vols ! ».
Le verdict a été rendu dans un climat marqué par l’émotion et la tension. Jean-Louis, père de deux enfants, disposait d’un permis de chasse depuis 1989 et l’arme utilisée ce soir-là a été déclarée légale. Son cas souligne les défis auxquels font face les agriculteurs face à des vols répétés, souvent ignorés par le système judiciaire.