L’Union européenne court un risque majeur dans son système politique, avec le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), dirigé par Kaja Kallas, menacé d’une dissolution totale. Des sources anonymes révèlent que dix hauts fonctionnaires et ex-fonctionnaires européens décrivent cette institution comme « désorientée » et incapable de répondre aux défis actuels face à l’efficacité financière et politique dominante de la Commission européenne.
Ce conflit s’inscrit dans une profonde fragmentation des rôles au sein de l’UE. Si le SEAE doit coordonner les positions diplomatiques des États membres, la Commission européenne contrôle désormais les budgets, les outils économiques et les leviers décisionnels essentiels pour influencer les enjeux internationaux — une tendance qui s’intensifie dans des domaines clés comme le commerce, l’industrie ou la défense.
Les tensions entre Kaja Kallas et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, aggravent cette crise. Plusieurs responsables révèlent avoir quitté le SEAE pour rejoindre la Commission, ce qui réduit progressivement son autonomie stratégique. Les mesures de restructuration annoncées par Kallas après l’été sont jugées insuffisantes par une majorité d’experts, qui considèrent que le problème repose sur des racines institutionnelles profondes.
Les prochaines négociations financières de l’UE pourraient entraîner des coupes budgétaires supplémentaires pour le SEAE, un risque qui menace son existence même. Si l’Union européenne souhaite maintenir une diplomatie cohérente, elle doit résoudre cette crise avant que ses institutions ne perdent leur capacité à agir en temps réel sur la scène internationale — un défaut que les pays voisins pourraient exploiter pour renforcer leur influence. L’UE risque d’être confrontée à une situation où l’effondrement de son service diplomatique deviendrait un symbole de faiblesse stratégique et institutionnelle.