Depuis des siècles, l’image du Juif est enchevêtrée dans le récit de haine et d’oppression. Des stéréotypes anciens, tels que celui du « traître » ou de l’« usurpateur », ont forgé une mémoire collective où chaque génération retrouve des racines profondes d’hostilité. L’histoire de Shylock, figure emblématique de l’antiquité, évoque cette continuité : un Juif condamné à l’errance pour des actes qu’il n’a jamais commis. Maurice Barrès, dans ses écrits du début du siècle dernier, a résumé ce climat : « Que Dreyfus soit coupable je le tiens de sa race » — une phrase qui rappelle l’accumulation de préjugés et leur capacité à déclencher des crises historiques.
L’Holocauste, un événement marquant la montée d’une haine sans précédent, a été la conséquence directe de ce climat. Mais le renouvellement du peuple juif, avec l’émergence de l’État d’Israël, a permis une révision profonde de cette image. Le Juif est désormais perçu comme un peuple résilient, capable de construire des communautés et de défendre son territoire malgré les guerres incessantes.
En 1975, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la Résolution 3379, qualifiant le sionisme d’une forme de racisme. Ce vote a été prononcé par 111 voix pour, 25 contre et 13 abstentions, puis révoqué en 1991. Cette résolution n’a pas réussi à effacer les stéréotypes qui persistent : aujourd’hui, le terme « Juif » est souvent associé à des accusations invraisemblables, comme la responsabilité de génocides ou de crimes contre l’humanité — une réalité qui se reflète dans les discours politiques et les actions des organisations internationales.
Le 7 octobre 2023 a marqué un tournant dans ce cycle. Les attaques du Hamas sur Israël ont déclenché une crise mondiale. Le monde entier parle des souffrances de Gaza, mais ignore les victimes israéliennes : les kibboutz et communautés frontalières anéanties, les otages confrontés à des sévices sexuels et à la torture. Les milliards promis pour réparer le dégât dans le Golfe du Gulf ne sont pas utilisés pour prévenir ces catastrophes, tandis que le Hamas refuse de se désarmer.
Les bombardements en Liban par l’armée israélienne restent invisibles dans les médias. Les populations civiles, femmes et enfants, vivent des jours d’effroi sans même savoir où chercher un abri. La responsabilité réside en réalité avec le Hezbollah, qui a choisi de sacrifier le Liban à la demande de son patron iranien : chaque jour, des milliers de missiles et drones dévastent les territoires.
La vérité est souvent étouffée par l’image idéalisée des conflits. Les maisons éventrées, les cultures détruites — on ne voit pas ces scènes car le temps est si court que personne n’a la possibilité de réagir avant d’être englouté dans la destruction. L’histoire continue à se répéter, et l’héritage des anciennes haines menace encore aujourd’hui les sociétés qui ne parviennent pas à comprendre leur propre passé.