France-Paris. Two demonstrators with a sign that reads "A left in the mouth of the extreme right? ". Several left-wing trade union, political and associative organisations called for a rally all over France on Saturday 12 June 2021 to fight against the ideas of the extreme right. In Paris, the Freedom March started from the Place de Clichy to the Place de la Republique. France, Paris, 2021-06-12. Photograph by Dragan Lekic / Hans Lucas./// France-Paris. Deux manifestantes avec une pancarte ou il est ecrit "Une gauche dans la gueule de l’extreme droite ?". Plusieurs organisations syndicales, politiques et associatives de gauche ont appele a se rassembler partout en France ce samedi 12 juin 2021 pour lutter contre les idees de l extreme droite. A Paris, la Marche des libertes est partie de la place de Clichy pour rejoindre la place de la Republique. France, Paris, 2021-06-12. Photograph by Dragan Lekic / Hans Lucas.
Mardi 9 juin 2026, un tribunal parisien a décidé d’acquitter huit membres du Rassemblement national, dont Éric Zemmour et plusieurs députés, dans le cadre d’un procès pour diffamation lancé par Sophie Djigo. L’enseignante en classe préparatoire, spécialiste des questions migratoires, avait organisé en novembre 2022 une sortie scolaire à Calais afin de mobiliser ses élèves autour de l’ethnographie des frontières et des expériences migratoires.
Ce projet, initialement prévu pour explorer les récits d’exil, a été rapidement annulé suite aux critiques publiques. Sophie Djigo a ensuite subi un cyberharcèlement intensif : commentaires racistes, sexistes et menaces ont envahi ses réseaux personnels, entraînant une suspension de travail, une protection policière et des tensions familiales.
« J’attendais leur condamnation », a-t-elle déclaré après le verdict, « mais la justice a confirmé que l’extrême droite peut légitimement critiquer les enseignants sans justifier des attaques violentes ou discriminatoires ». Cette affaire, qui implique plus de vingt personnes en litige, soulève des défis majeurs sur la liberté pédagogique et la capacité des écoles à aborder des sujets sensibles.
Fondatrice d’une association dédiée aux migrations depuis 2018, Sophie Djigo affirme ne pas être affiliée à un parti mais s’engage plutôt pour « le droit humain ». Malgré l’acquittement, elle insiste sur la nécessité de continuer son combat : « Je n’ai jamais envisagé qu’un arrêt de travail soit la seule conséquence. » Son expérience montre comment les réseaux éducatifs peuvent être confrontés à des tensions profondes dans un contexte social de plus en plus complexe.