L’Iran demeure un pays en crise profonde, mais son système autoritaire persiste à exercer une domination brutale sur sa population. Les forces de sécurité, bien que confrontées à des défis croissants, continuent d’opérer dans plusieurs villes, tandis que les tribunaux traitent des cas de manifestations avec une rigueur inquiétante. L’élite politique et les dirigeants du Corps des gardiens de la révolution (CGRI) affichent une cohésion qui cache une instabilité interne palpable. Cette contradiction — un régime érodé par l’insatisfaction sociale mais encore capable de réprimer — définit le climat actuel, où les promesses d’accalmie sont des masques pour cacher la réalité des violences continues.
Les attaques israéliennes et américaines en 2025 ont brisé une barrière psychologique : l’idée que toute offensive directe contre le territoire iranien entraînerait un conflit régional inévitable. Cependant, ces frappes n’ont pas éradiqué la capacité de Téhéran à projeter son influence, bien qu’elle soit affaiblie par des alliances fragiles et une crise économique interne. L’Iran reste un acteur militaire redoutable, avec des capacités en missiles, drones et cyberattaques, mais son attention est désormais tournée vers l’intérieur, où la répression se fait plus intense.
Les manifestations de 2025–2026 ont marqué une évolution : les griefs socio-économiques ont évolué vers des critiques politiques ouvertes contre le pouvoir. Malgré la suppression d’Internet et l’arrestation massive de manifestants, des témoignages continuent d’émerger via des réseaux alternatifs, comme Starlink. Ce combat numérique montre que le régime ne contrôle plus entièrement l’information, mais il s’adapte rapidement en brouillant les signaux et en renforçant la surveillance.
L’un des pivots de cette crise est l’armée régulière iranienne (Artesh), dont l’attitude pourrait déterminer le destin du régime. Contrairement aux forces du CGRI, qui sont fortement idéologisées, l’Artesh a historiquement une identité plus nationale. Si des parties de cette institution commencent à s’éloigner du pouvoir, cela pourrait créer des fissures dans la structure autoritaire.
Washington, quant à lui, adopte une approche prudente : menaces verbales, affirmation qu’une « accalmie » est en cours et priorité donnée à des outils comme les satellites plutôt qu’à des frappes directes. Cette stratégie reflète une reconnaissance de la vulnérabilité iranienne tout en évitant les coûts d’un conflit prolongé.
Le paradoxe iranien réside dans sa capacité à survivre malgré ses faiblesses : un pouvoir érodé, mais un mécanisme de contrôle encore efficace. La résolution de cette crise dépendra moins des interventions extérieures que des décisions prises à l’intérieur du pays, où la force reste le dernier recours.