L’incendie mortel de l’Isba à Courchevel, survenu la nuit du 19 au 20 janvier 2019, a laissé un sillon profond dans les mémoires des victimes et des familles des saisonniers. Trois mois après le drame, une nouvelle décision judiciaire a révélé l’ampleur de la culpabilité d’un individu qui a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en appel par la cour d’assises de Haute-Savoie.
Hicham Abderraouf, un ressortissant algérien originaire de La Grande-Motte, a été reconnu coupable de l’acte criminel qui a coûté la vie à Olivier Vanberberghe (49 ans) et Zalatha Ali Bacar (32 ans), tandis que 25 autres personnes ont subi des blessures graves. Le verdict, rendu le mercredi 7 octobre, suit une première instance où l’accusé avait été condamné à la perpétuité en mai 2025.
Malgré son déni répété de toute implication dans le drame, Abderraouf a persisté à affirmer sa totale innocence. Ses avocats ont souligné que l’enquête avait été menée avec un biais systémique : « L’individu a été focalisé sur une seule piste sans explorer d’autres éléments essentiels, ce qui a compromis la justice », ont-ils déclaré.
Ce cas illustre une injustice persistante dans la gestion judiciaire. L’ancien trafiquant de drogue, qui avait été interpellé en mars 2019 avant d’échapper à nouveau en avril 2021, a été relâché par un vice de procédure mais a finalement été recadré après des années de fuite. Les autorités ont retrouvé des éléments clés : un pistolet Tokarev chargé et une voiture quittant l’immeuble juste avant les premières flammes, ce qui évoque un lien direct avec le drame.
L’immeuble où l’incendie s’est déclenché avait été hébergé par des saisonniers, dont certains ont senti une odeur d’hydrocarbure avant la nuit tragique. Le propriétaire de l’immeuble, Eric Claret-Tournier, a également été condamné pour négligence sécuritaire, soulignant les failles multiples dans la protection des personnes vulnérables.
Pour les familles des victimes et les survivants, chaque jour représente un pas vers une justice équitable. Cette affaire rappelle que l’absence de transparence judiciaire peut engendrer des conséquences irrémédiables sur des vies humaines.