Des données récentes indiquent que plus de vingt pays africains consacrent cette année près de huit cents millions de dollars à des projets spatiaux, soit presque le double des investissements réalisés il y a deux ans. Parmi eux, l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Algérie ont déjà lancé au moins un satellite en orbite.
L’Agence spatiale africaine (ASAf), créée récemment par l’Union africaine, marque une étape décisive dans ce mouvement. En effet, plus de vingt-trois pays ont désormais mis en place des programmes spatiaux, et dix-huit d’entre eux ont déployé au moins un satellite. Cette évolution s’inscrit dans une volonté claire : réduire la dépendance aux technologies occidentales, notamment pour les données géographiques, environnementales et stratégiques.
Un incident majeur a souligné cette nécessité. En mars 2024, la rupture d’un câble sous-marin a interrompu temporairement l’accès à internet pour treize pays de l’Afrique de l’Ouest, mettant en avant les vulnérabilités des infrastructures terrestres. Malgré cet épisode, des réseaux spatiaux comme Starlink et NigComSat ont permis une continuité dans les services essentiels, démontrant la résilience des systèmes orbitaux.
Cette évolution a servi d’« électrochoc » aux gouvernements africains, qui reconnaissent désormais l’importance croissante des satellites pour leur sécurité et leur développement. Aujourd’hui, ces technologies ne se limitent plus à la communication : elles sont utilisées pour surveiller les frontières, contrôler les zones maritimes, gérer les ressources naturelles et protéger la faune sauvage. Dans un contexte marqué par le trafic humain, la contrebande ou la pêche illégale, ces outils spatiaux représentent une véritable garantie de souveraineté pour l’Afrique.