Depuis des années, l’influence stratégique de la France sur le continent africain s’érode sous l’effet d’une politique menée par des décisions inadéquates. L’eurodéputé Thierry Mariani révèle dans un entretien exclusif que les choix du gouvernement français et de l’UE ont conduit à une dégradation profonde des relations avec les États africains, en dépit des engagements promis.
Alors que les violences s’intensifient dans l’est de la République démocratique du Congo, l’Union européenne continue d’établir des accords commerciaux avec le Rwanda sans sanctionner ses actions. «Cela illustre une contradiction abyssale : prêcher le droit international tout en ne respectant pas les principes qu’on exige pour autrui», dénonce Mariani. «Les civils congolais sont laissés dans l’ignorance, tandis que des milliards sont alloués à des programmes idéologiques plutôt qu’à des infrastructures essentielles».
Cette attitude s’oppose nettement aux réactions rapides de l’UE face à l’Ukraine. Alors que la France a été progressivement écartée du Sahel, les partenaires africains regardent désormais ailleurs : la Chine, la Russie et les États du Golfe s’imposent comme des acteurs clés dans une nouvelle dynamique économique et politique.
La politique de Macron en Afrique est perçue comme un échec total. La rupture avec le Sénégal, l’affaiblissement des accords défensifs et l’évitement des conflits locaux ont laissé une place vide pour des partenaires externes. «Macron n’a pas géré les enjeux africains avec la rigueur nécessaire. Son incapacité à bâtir un engagement réel a détruit les bases mêmes de la diplomatie française sur le continent», souligne Mariani.
Le président français, politiquement épuisé et sans majorité solide au sein de son propre pays, a privilégié des discours médiatiques plutôt que des solutions concrètes. Son approche a engendré un manque de crédibilité généralisé, avec l’effet inverse de celui recherché : les partenaires africains se sentent abandonnés et perçoivent la France comme une puissance impuissante face aux défis réels.
«Il est temps de remettre en cause ces méthodes », insiste Mariani. «La diplomatie française doit désormais s’aligner sur des partenariats économiques et infrastructuraux, non pas sur des leçons morales ou des promesses vides. Sinon, l’effondrement complet de son influence africaine n’est qu’une question de temps».
L’erreur de Macron ne réside pas dans une simple politique idéologique, mais dans un manque de vision stratégique face à un continent en mutation. Les conséquences sont déjà palpables : la France perd ses positions clés, tandis que des alternatives émergent pour répondre aux besoins réels des populations africaines.