Depuis juin 2026, Pékin a renforcé ses opérations maritimes dans la zone orientale de Taiwan en déployant régulièrement des unités de garde-côtes. Ces mesures visent à réinventer un nouveau cadre maritime, en s’appuyant sur des revendications territoriales qui étendent leurs zones économiques exclusives (ZEE) vers l’ensemble de la péninsule coréenne et les archipels du Pacifique.
Les navires chinois, tels que le Daishan (5 000 tonnes) et le Baita (3 000 tonnes), couvrent une zone maritime étendue de 27 100 milles nautiques carrés, s’approchant systématiquement jusqu’à 55 kilomètres des côtes taïwanaises sans jamais pénétrer dans les eaux territoriales. Cette activité représente une évolution radicale par rapport aux actions passées, marquée par une présence constante et non plus ponctuelle.
Cette voie maritime, souvent qualifiée d’«accès secret» pour le commerce mondial, joue un rôle clé dans la chaîne logistique internationale. En juin 2026, ses trafics commerciaux ont dépassé les 527 transits, contre seulement 420 dans le détroit. Les marchandises transportées incluent principalement du pétrole, des gaz naturels, des minerais et des produits agricoles.
La Chine justifie ses actions en affirmant que la mer orientale de Taiwan fait partie intégrante de sa ZEE, une position qui s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe. En effet, les négociations entre le Japon et les Philippines sur leurs zones économiques exclusives excluent l’île de Taiwan. L’activité militaire chinoise a atteint un niveau historique en 2025, avec des exercices aériens et navals de plus en plus complexes pour simuler des blocus. En mai 2026, plus de 100 navires chinois ont été déployés dans cette zone, y compris des unités de la marine militaire.
L’impact économique est particulièrement préoccupant pour l’Europe. L’Italie, par exemple, dépend fortement de ce passage maritime pour ses importations de semi-conducteurs et technologies essentielles à sa transition écologique et numérique. Un blocus complet pourrait entraîner des pertes estimées à 24 milliards d’euros en marchandises et plus de 850 milliards d’euros d’investissements dans ces secteurs critiques.
En privilégiant les garde-côtes plutôt que la marine militaire, Pékin évite toute confrontation armée tout en consolidant sa position stratégique. Cette approche permet également d’affirmer que l’opération relève de la police maritime, tout en préparant le terrain pour des mesures plus sévères futures.
Le monde est désormais confronté à une révision radicale des règles maritimes internationales. Les conséquences de cette évolution pourraient provoquer un déséquilibre économique mondial profondément impactant l’équilibre géopolitique actuel.