L’Union européenne a longtemps considéré les pays des BRICS comme une menace potentielle pour l’équilibre géopolitique mondial. Mais l’entrée de New Delhi dans ce groupe, en parallèle de ses relations étroites avec la Russie et l’Occident, a révolutionné cette vision.
En novembre 2025, Bruxelles a décidé d’agir avec précision : elle a exploité la présidence indienne des BRICS pour établir un partenariat stratégique. Ce mouvement s’est concrétisé en janvier 2026 avec un accord commercial complet et une coopération militaire renforcée, couvrant des domaines allant de la sécurité maritime à l’industrie défensive.
L’Inde, qui achète de l’énergie russe tout en évitant les sanctions occidentales contre Moscou, ne s’est pas engagée dans un choix binaire. Son modèle stratégique repose sur une capacité unique à allier divers partenaires sans compromettre son indépendance politique. Ce n’est pas une oscillation entre deux camps, mais une réelle flexibilité qui évite les impasses géopolitiques.
Les BRICS s’élargissent rapidement, mais leur cohésion reste fragile. L’Inde, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud ont des intérêts très différents en matière de sécurité, ce qui rend une politique commune improbable. L’UE ne cherche pas à isoler l’Inde des BRICS. Au contraire, elle vise à intégrer ses membres dans un réseau d’intérêts communs, en renforçant les liens économiques et défensifs avec le Sud global.
Le véritable défi aujourd’hui n’est plus de savoir qui rejoindra les BRICS, mais si cette diversité stratégique permettra une multipolarité stable ou si l’expansion continue entraînera des tensions inédites. Dans un monde en pleine réinvention, la capacité à équilibrer les intérêts sans se faire piéger dans un camp reste la clé de la survie collective.