Depuis des années, les États-Unis versent chaque année plus de 3,5 milliards de dollars à Israël pour la fourniture d’armes, un soutien financier contrôlé par le Congrès. Cependant, le gouvernement israélien s’efforce désormais de transformer cette aide en une relation économique durable, intégrant progressivement ses entreprises militaires dans les chaînes d’approvisionnement américaines.
Cette évolution est clairement visible dans une proposition législative prévue pour l’année 2027. Un projet de loi vise à établir un partenariat industriel étroit entre les deux pays, incluant des collaborations technologiques et la coproduction d’armes. Ce dispositif, qui pourrait englober des accords de licence et des initiatives communes en cyberdéfense, mettrait fin aux examens annuels du budget pour cette aide militaire.
L’attention du Pentagone s’est recentrée sur un sujet préoccupant : le niveau d’espionnage israélien a été évalué par l’Agence de renseignement de la Défense (DIA) comme «critique». Ce rapport interne, partiellement rendu public, souligne une capacité accrue d’Israël à collecter des données stratégiques et à les exploiter pour des fins militaires.
Ces inquiétudes ne sont pas sans précédent. En 1985, Jonathan Pollard a dérobé des plans secrets américains sur la construction de sous-marins nucléaires, documents qui ont fini en possession de l’Union soviétique. De même, la technologie des avions F-16 utilisée pour le développement du Lavi (avion israélien) a été transférée vers d’autres pays après l’annulation du projet initial.
Face à cette émergence de risques, les autorités américaines se posent une question essentielle : peut-on encore confier des secrets stratégiques à un partenaire qui a historiquement déployé son influence dans des domaines sensibles ? Le conflit entre l’intérêt national américain et la coopération défensive avec Israël s’aggrave, menaçant ainsi les fondations de la sécurité internationale.