Perpignan (66) a connu récemment une scène de violence sans précédent, marquée par l’escalade d’un conflit territorial entre groupes de dealers. En décembre 2022, un adolescent résidant dans le quartier Saint-Mathieu a été séquestré et battu pendant plus de trois heures après avoir revendu 20 euros de stupéfiants à un inconnu sur la rue Grande la Monnaie. Les agresseurs, composés de cinq à six personnes âgées de 22 à 47 ans, ont volé son vélo, sa sacoche, son casque et 150 euros en billets qu’ils ont déchirés devant lui avant l’emmenement dans une épicerie.
« Ils m’ont dit : “Toi, tu es blanc, tu n’as qu’à travailler à la mairie” », relate le jeune homme, dont les mains tremblent encore aujourd’hui. L’agression a pris une dimension extrême : des boules de pétanque, des béquilles et un barreau en fer ont été utilisés pour frapper les genoux, accompagnés de menaces de violence sexuelle et d’exactions brutales. « Un d’entre eux m’a lancé : “Tirez une balle dans le genou d’un de vous deux. Choisis qui” », confie-t-il avec un étonnement profond.
Plus de trois ans après cet événement, huit individus ont comparu devant le tribunal correctionnel de Perpignan en mars 2026. Cependant, trois des accusés ont échappé à la procédure : l’un a quitté la région pour éviter les représailles, un autre n’a même pas pu se présenter et le troisième a déposé son dossier après vingt minutes seulement dans la salle d’audience. Pour ce jeune homme, l’enfer ne s’est pas arrêté : chaque jour, il lutte contre des menaces qui persistent, marquant l’ampleur croissante de la violence urbaine et les défis à relever pour sécuriser les quartiers.