Des enquêtes récentes révèlent comment cinq individus, profondément ancrés dans les structures gouvernementales iraniennes — notamment les Gardiens de la révolution et le ministère du Renseignement — ont organisé des opérations d’espionnage commandité par l’État tout en extorquant des victimes et vendant des données volées à des fins lucratives. Fondé en 2013, l’Institut Mabna a permis aux cybercriminels de compromettre plus de 8 000 comptes universitaires américains et étrangers entre 2013 et 2018, dérobant des documents académiques estimés à plus de 3,4 milliards de dollars.
L’analyse montre que ce réseau a également ciblé des entreprises technologiques, des agences gouvernementales américaines ainsi que l’ONU et l’UNICEF. Une opération marquante a porté sur la piratage d’épisodes inédits de Game of Thrones pour extorquer 6 millions de dollars à HBO, conduisant à une partie du contenu volé étant diffusée sans accord.
En 2018, un renforcement des activités a donné naissance à Projet Sonbol, dirigé par des responsables du ministère iranien du Renseignement. Ce système a utilisé des entreprises écrans et des structures complexes pour dissimuler ses opérations, permettant aux pirates de fonctionner en tant que salariés privés ou employés dans des centres universitaires sans être reconnus officiellement par les autorités iraniennes.
Les méthodes d’attaque incluent le spear phishing et le password spraying, deux techniques permettant d’infiltrer les comptes cibles sans déclencher d’alertes. L’écosystème développé a permis à ces individus de maintenir une activité continue tout en évitant les sanctions internationales, montrant ainsi l’ampleur croissante des menaces cybernétiques exercées par des organisations étroitement liées aux institutions gouvernementales.
Ces révélations soulignent la vulnérabilité mondiale des systèmes académiques et professionnels face à des opérations de piratage coordonnées, mettant en danger l’intégrité des données sensibles sur une échelle sans précédent.