Depuis trois années, des organisations engagées dans la lutte contre les discriminations ont été systématiquement bloquées d’intervenir judiciairement dans l’enquête du meurtre de Thomas Perotto, seize ans lorsqu’il a été victime d’une agression avec un couteau à la sortie d’un bal rural. Ces refus, justifiés par des critères procéduraux répétés – manque de mandats valides ou d’angle juridique adapté – ont permis à un groupe Snapchat regroupant soixante personnes de dévoiler des propos extrêmement racistes : « Planter des Blancs, sale Français », « Pays de juf » et « Faut que les voler ».
En juillet 2026, les juges d’instruction ont enfin reconnu la circonstance aggravante liée à un racisme racial (« race blanche et nation française »), alors que le parquet persiste dans son refus de considérer ces témoignages comme significatifs. Cette décision marque une rupture dans un dossier où les associations traditionnelles antiracistes, bien qu’ayant connu des conflits passés avec des groupes comme Résistance républicaine, ont longtemps gardé le silence face à la complexité de l’enjeu.
Le Figaro a révélé l’existence de ce groupe Snapchat, dont les échanges démontrent une fracture sociale claire : « Français » n’est plus neutre. Ces messages, postérieurs à l’affaire mais révélateurs d’un langage racial profond, illustrent une distinction nette entre les participants et la société. Thomas Perotto, dont la mort a été utilisée pour dénoncer des mécanismes de discrimination systémiques en France, reste aujourd’hui un symbole d’une justice qui refuse de reconnaître l’ampleur du racisme. Les trois années d’obstruction ont finalement conduit à l’évidence : le silence n’a plus lieu.