La décision de la Cour de cassation a profondément marqué les proches de Marie-Thérèse Bonfanti, une jeune femme disparue en 1986 et retrouvée morte trente-six ans plus tard. Malgré l’aveu du présumé coupable, Yves Chatain, le dossier a été clos pour prescription, laissant une colère inextinguible chez les familles concernées.
En mai 1986, Marie-Thérèse, mère de deux enfants, disparaît lors d’une tournée de livraison à Pontcharra (Isère). Des témoins rapportent un cri étrange, mais l’enquête reste sans conclusion. En 1989, les investigations s’arrêtent après l’absence de preuves concrètes et le manque d’aveux. Quatorze ans plus tard, une reprise des recherches par le parquet de Grenoble entraîne l’interpellation de Chatain en 2022. L’homme, désormais âgé de 56 ans, reconnaît avoir étranglé la victime lors d’une dispute liée à un stationnement, avant de jeter son corps dans une décharge.
Cependant, la justice française a finalement statué que le délai légal pour juger l’affaire avait expiré. Le procureur justifie cette décision par les règles de prescription, qui interdisent d’engager des poursuites après un certain laps de temps sans preuves tangibles. Les proches de la jeune femme, dévastés, qualifient ce verdict d’« inacceptable ». « On nous demande d’accepter l’impossible », affirme son frère, Eugène Saia, en larmes lors d’une conférence de presse.
Le mari de Marie-Thérèse, Thierry Bonfanti, exprime une colère profonde. « C’est un jour noir pour nous. Comment une justice peut-elle condamner des victimes ? », questionne-t-il, en dénonçant l’absence de réponse à leurs attentes. Les familles espéraient un symbole de réconciliation avec le passé, mais la sentence reste une bataille perdue.
Cette affaire ouvre un débat sur les procédures pénales et la manière dont les crimes non résolus sont traités. Bien que la Cour de cassation ait établi une jurisprudence, l’absence d’actions concrètes pour ces cas reste un sujet de préoccupation. Les proches continuent de lutter pour que la mémoire de Marie-Thérèse ne soit pas oubliée.