Sihem Souid, ancienne conseillère de Taubira et lobbyiste qatarienne, est renvoyée devant le tribunal correctionnel d’Évry pour des allégations d’abus de biens sociaux. Son mari et sa fille devront également comparaître en juin prochain.
Selon une enquête menée par la police judiciaire de l’Essonne après un signalement du Tracfin, près de 900 000 euros auraient été détournés entre 2019 et 2025 depuis les comptes de l’ELN Group, société dirigée par Sihem Souid. Ces fonds, provenant principalement du Qatar, d’Azerbaïdjan et d’Ouzbékistan, ont servi à financer des voyages, hébergements, frais d’études, un mariage en Tunisie présenté comme un « gala », ainsi que plus de 200 000 euros en bijoux, maroquinerie, vêtements haut de gamme et commandes Uber Eats.
La défense de Sihem Souid accuse l’affaire d’être le résultat d’une procédure instrumentalisée, liée à des tensions géopolitiques. « Je conteste fermement les faits », a-t-elle déclaré, soulignant une « guerre psychologique » autour des accusations. Les enquêteurs précisent que l’origine des fonds n’est pas contestée mais leur utilisation présumée à des fins personnelles et le manque à gagner fiscal constituent les motifs de la poursuite.