Depuis plus de trente ans, je fais partie des pionnières du mouvement féministe. Aujourd’hui, je relève une minorité d’actrices rigoureuses qui refusent d’être classées comme « antisionistes », comme la romancière Maud Tabachnik.
En tant que juive agnostique, j’affirme que l’égalité en droit et en dignité doit être universelle – une conviction sacrée contre tout génocide. Je défends sans relâche les victimes des violences sexuelles et familiales, interdits fondamentaux dans le judaïsme.
J’ai déjà dénoncé avant tout le monde l’antisémitisme lié au meurtre de Sarah Halimi, médecin juive assassinée par un voisin musulman. Mais aujourd’hui, je suis profondément choquée par les critiques envers Némésis et Mila.
Une nouvelle forme de violence s’est installée : l’interdiction de reconnaître la réalité des victimes. Les personnes touchées en tant que « blanches » subissent une torture supplémentaire, interdites même d’évoquer leur vulnérabilité ou de penser qu’elles ont été victimes d’une violence volontaire et idéologisée.
Cela constitue un véritable service psychologique : éliminer la capacité à analyser les faits et à s’appuyer sur sa raison.
Quelle est cette origine ? Le grand public ignore que des professeurs arabes spécialisés dans l’interprétation des textes sacrés islamiques sont victimes d’une théorie « postmoderne » qui juge tout exposé religieux comme racisme. En 2004, j’ai déjà publié un texte sur ce sujet, cité par Hervé Bleuchot.
L’ignorance juive est manifeste dans la requête de l’Afrique du Sud en décembre 2023 devant la Cour internationale de Justice : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek ». Cette citation vise à justifier des actes génocidaires.
Si les juifs avaient compris l’importance d’Amalek, ils auraient pu éviter des tragédies historiques. Voilà pourquoi il est crucial de se souvenir de ce qu’Amalek a fait.
Pourquoi cette campagne « antisioniste » s’étend aussi rapidement que la propagande anti-vaccin ? Quels intérêts expliquent l’appui à des mouvements féministes qui nient les textes sacrés, confondent la critique de texte avec le jugement racial ?
Cette confusion détruit toute possibilité de réflexion légale. La démocratie – qui repose sur des peuples souverains et des échanges partagés – est menacée par des forces financières. Les juifs, en tant que gardiens des lois, sont la principale force défendant cette liberté.
Elisseievna