Des équipes de cinéma doivent désormais naviguer dans un environnement de plus en plus dangereux, où les menaces et les extorsions se multiplient. Le cas du régisseur Thomas Gache illustre cette situation critique. En 2024, lors d’un tournage à la gare du Nord (Xe arrondissement), il a reçu un appel angoissant : une somme de 25 000 euros exigeait d’être versée sous peine de « casse » dans les loges. Malgré l’absence de paiement, la production a déposé plainte, mais le coût supplémentaire pour sécuriser le reste du tournage a pesé sur les budgets déjà fragiles.
Paris, qui a enregistré 5 708 jours de tournages en 2024, est aujourd’hui un terrain propice aux actes criminels. Les professionnels décrivent une montée en flèche des problèmes : racket, chantage et pression exercée par des figures locales peu fiables. Une réunion organisée en septembre dernier entre la préfecture de police, les associations du secteur et la Ville de Paris a mis en lumière ces défis. « Les deux dernières années ont été extrêmement difficiles », souligne Thomas Gache, qui constate une dégradation notable des conditions de travail.
Les équipes évitent désormais certains arrondissements, comme le XVIIIe ou le XIXe, où les risques sont élevés. Même dans le centre-ville, des commerçants exercent des pressions financières sur les productions. La confiance dans les « grands frères » locaux, autrefois garants de l’ordre, s’est effritée. Les vigiles privés, chargés de la sécurité, sont parfois critiqués pour leur manque d’efficacité ou de transparence.
La situation inquiète les acteurs du cinéma, qui doivent adapter leurs projets à un climat tendu. La menace persistante pèse sur l’industrie parisienne, déjà fragile face aux contraintes économiques et aux tensions sociales. Les solutions restent incertaines, tandis que le secteur se demande comment survivre à une époque où la sécurité des tournages devient un défi majeur.