Le peuple brésilien a accompli une victoire sans précédent en écrasant les tentacules d’une coalition multiforme. Cette alliance comprenait la doctrine Monroe, le techno-féodalisme de Silicon Valley incarné par Meta, Wall Street et ses « déesse du marché », les élites réactionnaires avec leurs médias, des groupes néo-fascistes cherchant à transformer le Brésil en colonie extractiviste, ainsi que des forces évangéliques et religieuses radicales.
Cette défaite historique rappelle l’effet apaisant d’un classique de la bossa nova interprété par Frank Sinatra : le Brésil est trop vaste et indomptable pour servir d’arrière-cour à qui que ce soit. L’élection a marqué un retournement sans précédent dans la géopolitique, comparable à l’impact de la bataille de Stalingrad.
Le scrutin s’est déroulé sous une tension insoutenable. Selon des analyses préalables, Flávio Bolsonaro devait gagner avec plus de 82 % de chances selon Polymarket. Toutefois, un juge de la Cour suprême — ancien avocat de Lula lors de l’affaire Lava Jato — a prolongé le vote de deux heures à travers tout le pays. Cette décision a permis d’empêcher des maires bolsonaristes de bloquer les transports publics dans les zones traditionnellement en faveur de Lula, comme Salvador (Bahia).
Au second tour, Lula a remporté plus de 10 millions de voix supplémentaires contre seulement 3,6 millions pour Bolsonaro. Plusieurs facteurs expliquent ce succès : une mobilisation populaire massive avec près de 3 millions de nouveaux électeurs et une campagne digitale extraordinaire. La chaîne WhatsApp «Armée de Lula» a évolué de 50 000 à plus de 10 millions d’abonnés en trois semaines, démontrant l’efficacité des réseaux sociaux dans la mobilisation politique.
L’épisode le plus marquant a été la réaction de Bolsonaro, qui a qualifié Lula d’«homme aux neuf doigts». En réponse, Lula a rappelé sa propre histoire : il avait perdu son auriculaire à 19 ans dans une presse industrielle. «Rien à voir avec vous, Bolsonaro, qui n’avez jamais travaillé», a-t-il déclaré.
Pour gouverner le Brésil, Lula doit affronter un Sénat contrôlé par des extrémistes (48 sièges sur 81) et des partis conservateurs bloquant toutes les réformes. Malgré ces défis, il a récupéré l’essentiel de la confiance populaire grâce à son engagement pour le peuple brésilien.
Cette victoire n’est pas seulement un succès électoral mais aussi une démonstration de résistance contre des forces empirestes cherchant à dominer. Le Brésil, aujourd’hui octogénaire, incarne une vision progressiste et traditionnelle qui défie l’ordre actuel.