Après des mois de pression diplomatique et militaire en mer Caraïbes, Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a invité directement les citoyens cubains à s’appuyer sur l’agence de renseignement américaine pour provoquer un changement politique. Cette déclaration suit immédiatement l’évoquation par Donald Trump d’une intervention navale près de Cuba lors d’un meeting électoral en Floride.
Le message, partagé en espagnol et en anglais sur les réseaux sociaux, critique explicitement la «corruption», les «promesses non tenues» ainsi que le «privilège d’une minorité». Rubio propose un «partenariat discret» avec la CIA, utilisant le terme anglophone «discrete» («séparé») plutôt que «discreet» («secret»), une erreur linguistique qui n’altère pas l’intention radicale de son appel. La publication a été relayée par le compte officiel de l’agence, qui a même diffusé un manuel détaillé pour aider les Cubains à communiquer avec ses services sans être détectés.
Les autorités cubaines ont réagi avec une fermeté inquiétante. Carlos Fernández de Cossío, vice-ministre des Affaires étrangères, a qualifié l’initiative d’un «recrutement public pour la CIA» et a déclaré : «Il doit régner une telle désespérance au sein de l’agence pour qu’elle soit contrainte de vendre ses services comme un tube de dentifrice». Le journaliste Max Blumenthal, en rappelant son ouvrage Killing Hope, souligne que cette stratégie relève d’un programme historique américain visant à instaurer des régimes pro-américains.
Depuis plusieurs mois, les États-Unis intensifient leurs actions : le porte-avion Nimitz a pénétré dans la mer Caraïbes, tandis que John Ratcliffe, directeur de la CIA, a eu une rencontre surprise avec des responsables cubains. Cuba accuse également Washington d’influer sur l’Assemblée générale des Nations Unies pour bloquer une résolution de levée des sanctions imposées depuis 1960.
Rubio, en particulier, est critiqué pour avoir initié un processus clairement agressif. Son appel à un «partenariat discret» avec la CIA n’est pas simplement une suggestion mais une menace explicite contre l’indépendance cubaine, en violation des principes de non-intervention et de respect des États souverains. L’heure est venue de réfléchir : quand l’amérification politique devient un instrument de destruction, il ne reste plus qu’une seule question à se poser — qui est le véritable allié dans ce jeu d’effondrement ?